GENÈVE
« L'art de révéler le leadership »
REGARDS · LE LEADERSHIP

Développer ses forces
plutôt que colmater ses faiblesses

Diriger, c'est révéler le meilleur des personnes et des collectifs, et en faire de l'impact. Cela commence par une bascule simple : cultiver ce qui est déjà fort, plutôt que s'épuiser à réparer ce qui l'est moins.

Le grand écart impossible

Un judoka poids lourd peut-il gagner le Tour de France ? Un cycliste parmi les cinq meilleurs du monde peut-il devenir champion du monde de judo ? Non. On peut toujours s'essayer à l'autre discipline, s'y amuser même. Mais au plus haut niveau, là où se gagnent les titres, on n'excelle que dans ce pour quoi l'on est taillé. La première chose à accepter, et elle n'est pas simple, c'est précisément ce grand écart impossible : renoncer à vouloir être tout à la fois.

Ce que l'on fait pourtant presque chaque jour

On observe les gens, on repère ce qui cloche, et on leur dit : voilà ce que vous devez améliorer. Le timide devra devenir extraverti, l'analytique devra aller vers les autres, le créatif devra se structurer. Peine perdue, le plus souvent. On s'épuise à combler un manque, et l'on délaisse la zone où l'on est déjà fort.

Une autre voie, plus féconde

On développe mieux ce qui est fort qu'on ne répare ce qui est faible. Investir l'essentiel de son énergie là où l'on excelle, et gérer ses faiblesses juste assez pour qu'elles ne limitent pas : tel est le principe de l'approche par les forces. Et là où l'on n'est pas fort, une voie plus sage que l'acharnement existe : bien s'entourer. Confier ce qui n'est pas notre talent n'est pas un aveu de faiblesse, c'est une marque d'intelligence. On ne grandit pas en se croyant responsable du monde entier, mais en composant une équipe où les talents se complètent.

Quatre familles de forces

Chacun combine quelques talents dominants : c'est cette signature unique qu'il s'agit de connaître et de cultiver. On peut les regrouper en quatre familles.

Toute force porte son ombre

Une force que l'on ne comprend pas, que l'on pousse sans cesse à l'excès, peut avec le temps se retourner contre soi. L'infatigable qui aligne seize heures par jour finit parfois par se brûler, et par peser sur les autres. Vous connaissez peut-être celui qui lance « on arrive tous ensemble en haut du col », et qui, parvenu au sommet, se retourne pour s'apercevoir que plus personne n'était dans sa roue. D'où l'enjeu : connaître ses forces d'abord, pour les piloter plutôt que les subir.

Par où commencer

Connaître ses forces et celles de son équipe est la matière première du leader qui révèle : on coache, on délègue et l'on fait grandir à partir d'elles. C'est précisément le rôle de notre instrument, Florilège : se connaître, nommer ses trois forces dominantes, et passer à l'action.

« Le judoka ne gagnera pas le Tour. Mais il peut devenir champion du monde sur son tatami. »